Learn to forget our Maudit Patriarcat

Texte que j’ai pu lire dans l’émission de Radio Campus 49%, qui s’y frotte cypris et enregistré à nouveau ci-dessous :

Comme pour beaucoup d’entre nous, il m’est arrivé et m’arrive encore de subir des violences physiques ou verbales de la part du “sexe fort” et parfois même de mes paires. Ma chronique ne vous surprendra pas, du moins je ne pense pas etre la seule a avoir subi ce type de comportement, ces violences ordinaires. Mais ce que j’ai besoin de faire, en prenant l’occasion de m’exprimer, c’est avant tout, me libérer. Ce que j’ai vécu, lorsque j’avais 18 ans, j’aurais voulu à l’époque l’enfouir en moi et ne jamais avoir à en parler. Pourtant cette histoire revient, est revenu et j’aime à croire qu’il y a une raison à cela. Parler aujourd’hui, c’est ne pas laisser cette société patriarcale prendre le dessus sur ma vie, mes choix. Parler aujourd’hui c’est mettre derrière moi tout sentiment de culpabilité, de dégoût ou de colère que je pourrais avoir envers moi. Je ne pensais pas partager ces notes prises il y a quelque mois mais vous les partager me libérera.

“Il me faut écrire pour être juste. Envers moi-même et la société qui m’a conditionné. Tous les jours, depuis quelques années, je mue. Je me déconstruit pour mieux me bâtir. Et puis aujourd’hui, je viens de recevoir un énorme pavé en plein ventre. Un événement passé resurgit – Un Mâle-être est revenu, photo à l’appuie, me montrant au combien il avait apprécié ce que j’ai pu détester.

C’est assez fou de ne pas se rendre compte des choses abjectes que l’on a pu faire, ou dire. Et tout simplement se cacher derrière des prétextes conçus pour valoriser leurs actes. Car oui, c’est en partie ce qui l’a conditionné qui lui a permis de croire qu’un “non” voulait dire “oui” et que de tomber “amoureux” d’une jeune fille de 18 ans, alors qu’il en avait 40, de surcroît de sa propre famille, c’était une situation tout à fait seine et normal.

Il y a tellement de choses qui ne vont pas dans ce qu’il a fait et dit et au vu de son abus de confiance, ses tentatives de viols et ses agressions sexuels, on ne pourra pas le soutenir bien longtemps.

Mais est-ce que je dois autant lui en vouloir à lui ou davantage à la manière dont il a été élevé?

Le premier sentiment que j’ai, c’est cette haine du système. J’en veux à notre société patriarcal. J’en veux aux hommes qui sous couvert d’un sentiment d’amour, d’excitation ou de passion, se passent de notre consentement. Comme si de toutes les façons, nous ne pouvions refuser ces aimables attentions – ca ne peut que nous plaire. Nous n’avons bien évidemment, en tant que Femme, les moyens de comprendre l’intention, et le mieux reste de nous le montrer, de nous écraser le consentement avec. Et puis nous avons été éduquée à cela, après tout. Il est donc bien normal que ces hommes se servent de nous comme des objets? Du moins comme il était convenu que nous le soyons…

Demande-t-on à un objet si il a envie d’être utilisé de tel ou tel autre manière? Non. On choisit un objet pour ce qu’il va nous procurer, le service qu’il va nous rendre. Nous le construisons par ailleurs parfaitement pour qu’il réponde à un usage.

Qu’est-ce qui nous différencie, dans notre éducation, d’un objet? Très peu de choses en fait – Nous considérer et nous éduquer comme des humaines seraient en fait dangereux pour nos usagers: famille, amis, collègues, institutions. Nous, les femmes, avons été éduquées de manière à être docile, naïve, empathique, résiliente, travailleuse, soumise. La société nous a positionné exactement là où il nous fallait être, dans la position de victime ou de sauveuse.

Cette société, construire au nom du père, du fils et du Saint Esprit, dit avoir de la considération pour nous, être réceptacle de leur mâle-eur, et ils ont en effet raison. Il nous considère et nous ont maintenu durant toutes ces années sous le joug de leur domination, exactement là où il est nécessaire que nous soyons pour qu’il puisse jouir en paix d’une maîtrise absolue.

La meilleure posture pour ne pas se faire démasquer, et d’accuser les femmes de tous les maux qu’ils ont créés. Inverser la tendance, pointer l’autre du doigt et utiliser tous les stratagèmes pour y arriver. Lorsque l’on dit des femmes qu’elles n’ont aucun sens de l’orientation, est-ce réellement parce que leur sexe ne sait pas indiquer le nord, se rappeler du chemin par lequel il est passé ou bien parce que depuis des milliers d’années nous avons été dépendante de nos pères, nos maris, nos frères pour nous déplacer? La femme a pendant des milliers d’années dépendu des autres pour se repérer et n’avait aucun droit d’aller et venir comme bon lui semblait. Mais alors, la femme a vraiment un problème pour s’orienter !

Aucun des hommes auquel elle pourrait se diriger n’est aujourd’hui conscient et acteur du changement de ces schémas. Mais regardez encore, dans ma situation… Qui est-ce qui est porté responsable ? Cet homme d’une quarantaine d’année, il devrait être pardonné parce qu’il était amoureux. En effet, ses tentatives de viols, ces agressions sexuelles, la pression morale et l’intimidation ne sont que les gestes qui résultent d’une opposition à cet amour. Mais au fond, il ne me voulait que du bien et par ailleurs, il a tout oublié puis qu’aujourd’hui il s’est permis de revenir me parler pour exprimer au combien il s’était senti chanceux de m’avoir rencontré.

La leçon dans tout cela, c’est que ma colère en va à notre société. – mais qu’elle ne doit pas nous détruire, au contraire, nous rendre plus forte. Nous devons riposter, par la parole, reprendre le contrôle de notre histoire, ensemble.

Enfin, je vous souhaite quand vous serez prête, d’en parler, à vous même d’abord, par écrit ou à l’orale, puis d’en parler à une ou plusieurs personnes de confiance. Je vous souhaite d’assimiler cette douleur mais de ne surtout pas la taire.

Pour autant, je vous souhaite comme moi, d’en sortir plus forte, courageuse et fière. Je ne veux plus de ce système, je ne veux plus entendre dire que je suis “une femme parce que…” ou que tel comportement relève de mon sexe.

Me at 18 years old

Non, je ne veux plus qu’on juge ma conduite, ce que je devrais être ou pas. Je veux être libre d’incarner la femme, l’humaine que je veux être, allégée de tous ces poids et enrichie par ces sororités que je vois naître.

Merci de m’avoir écouté. »

Mise à jour importante : ce texte a été écrit en 2020 – Je ne traiterai pas ce sujet de la même manière aujourd’hui, notamment concernant les notions de genre et la perception du mien. Actuellement je ne me considère pas comme une femme mais assigné à la naissance comme tel. Pour moi les problèmes systémiques liés à la condition des « femmes » concernent toutes les personnes assignées, perçue et se définissant comme femme.

Documentaire Participatif – « J’ai entendu dire… »

Carte des quartiers Nord de Clermont-Ferrand

Né dans le cadre d’un projet de recherche-action, mené par le CISCA (Centre d’Innovations Sociales Clermont Auvergne) et en lien avec le Collectif SISMO et le Laboratoire Communication et Sociétés de l’UCA, ce documentaire s’inscrit dans une démarche expérimentale. Le but étant d’observer et d’analyser la manière dont un documentaire, co-construit avec différents acteur.rice.s, peut avoir un impact sur la représentation des sujets traités. Ici, le but est de mettre en avant le vécu et les visions des habitant.e.s et acteur.rice.s des Quartiers Nord et le faire visionner par un maximum d’habitant.e.s de la métropole clermontoise, de manière à rétablir l’image de ces quartiers. Mon rôle en tant qu’employé.e du CISCA a été de coordonner, animer et diriger la construction de ce documentaire. J’ai réalisé une méthodologie de recherche et tous les ateliers qui ont permis sa réalisation sur un an et demi. J’ai eu le plaisir de travailler avec Perrine Pivert et Georges Abikhattar pour les images et le montage du documentaire.

L’avant-première a eu lieu à la Maison de Quartier de Champratel le samedi 12 Mars 2022, à 18h30. Comme pour chaque projection programmée, un temps d’échange avec les participant.e.s du projet peut avoir lieu.  

Voici le synopsis proposé par le collectif :

“Cap au nord ! Où la vie est douce et tumultueuse, entre béton et espaces arborés, problématiques, questionnements et évidences. Ce documentaire présente les quartiers nord de Clermont-Ferrand au travers d’habitant.e.s et acteur.rice.s qui nous amènent à questionner les “on dit” et clichés de quartiers dits “sensibles”. Ils nous prennent par la main et nous font découvrir au travers de leur Histoire, les initiatives et les événements, la richesse de leurs quartiers. De Croix de Neyrat aux Vergnes en passant par Champratel, on découvre un environnement solidaire, résilient où les différences sont des forces, où le vivre ensemble fait partie de leur quotidien.”

Pour voir le documentaire vous pouvez suivre le lien suivant :

Documentaire Participatif « J’ai entendu dire… Un documentaire sur les trésors des quartiers nord de Clermont-Ferrand » Février 2021 – le code d’accès est le suivant : Radicale63390

Lors des différentes étapes de la co-construction de ce documentaire, les participant.e.s ont pu utiliser des outils de prise de décisions démocratiques et participatives. La méthodologie de recherche mise au point pour ce projet peut être transmise et expliquée sur demande.

En ce qui concerne les pratiques artistiques, les participant.e.s ont pu s’essayer à la prise de photographie argentique, la rédaction du scénario, la prise de sons et d’images notamment des interviews réalisés, dont voici quelques extraits de leurs productions :

Les photographies argentiques prises au début du projet :

Les portraits des participant.e.s du documentaire :